Interview

Hollow Earth: «Nous sommes trois, mais agissons comme un seul»

Le groupe vient de présenter From the Beginning to the End, leur premier disque

Publié par Alex Belencoso et traduit par Félix Belencoso - Il y a 6 années
Hollow Earth: «Nous sommes trois, mais agissons comme un seul»

En pleine promotion de leur premier album, From the Beginning to the End, les gars de Hollow Earth nous ont contactés pour nous présenter les chansons de ce travail. Le disque complet peut être téléchargé gratuitement depuis leur web, ou écouter chaque thème séparément en streaming. Aussi simple que ça.

La musique de Hollow Earth est un mélange de métal industriel, électronique et techno, ajoutant quelques sons qu'on identifie habituellement à la musique pour danser. Etes-vous d'accord avec cette description? Comment définiriez-vous votre projet?

Mike: C'est une bonne définition. En réalité nous avons du mal à nous soumettre à un style concret ou une combinaison de plusieurs au moment de définir notre musique, comme il arrive sans doute à beaucoup de groupes. Selon le thème on pourrait dire qu'il a plus de ceci ou de cela, mais en réalité nous aimons beaucoup expérimenter et jongler avec des styles et des arrangements.

Pol: A grands traits, notre objectif principal est defusionner la musique électronique, ou pour danser comme tu as bien dit, avec des éléments plus durs propres du métal, rock ou hardcore et créer une fusion qui aille depuis l'Industriel jusqu'au Techno Rock selon la façon choisie d'envisager la chanson. Vraiment cela nous donne une énorme liberté au moment de composer car nous pouvons jouer avec le mélange de différents styles.

Quelle est la pièce que chaque membre du groupe joue dans ce puzzle musical?

Mike: Oh là là! C'est difficile à répondre parce que, bien que nous soyons trois, nous agissons comme un seul, et assumons ensemble les fonctions. Nous prenons de différents rôles seulement au moment de jouer, quand chacun se doit à son instrument. Mais en ce qui concerne la prise de décisions, composition de paroles et musique, choix de sons et autres, nous le faisons ensemble. Bien que ce soit vrai que selon la chanson, parfois les pourcentages d'implication varient, nous participons tous toujours, et dans tous les domaines.

Dans quels groupes avez-vous joué avant?

Mike: Avant ce projet j'ai été guitariste à More Than Seven Words et batteur à Tekrujo & The Krujen. Après, pendant assez longtemps je me suis consacré seulement à la production sonore, jusqu'a former Hollow Earth entre Redshadow (Javi), Pol et moi. Je suis aussi batteur dans un groupe de versions de classiques du rock et du pop appelé The Opends et dans la bande de métal Dramaticide.

Pol: Celui-ci est mon premier groupe comme chanteur, car avant j'ai été batteur dans le groupe Six Coins avec Redshadow et plus tard dans un autre groupe appelé Sheepfold Sling où j'ai connu Mike qui a fait l'enregistrement, le mixage et le mastering de notre premier LP intitulé Four Walls, dans lequel il a aussi fait un formidable travail de production. Je voudrais signaler qu'actuellement Javi (Redshadow) est le guitariste de la célèbre formation de nu métal Evangelion.

Une des choses que j'aime de votre musique c'est que les thèmes, quoiqu'ils soient assez longs, deviennent intéressants depuis leur première écoute. Jusqu'à quel point avez-vous l'intention d'expérimenter, d'innover ou de répéter des formules déjà connues? La composition apparaît-elle d'une façon spontanée ou vous travaillez beaucoup une chanson?

Mike: Notre seule intention est d'expérimenter la musique en nous mêmes, et pour cela nous allons pratiquement toujours faire des recherches et explorer. Mais en ce qui concerne le fait "d'innover" ou de "répéter des formules", s'il faut dire la vérité ça nous est bien égal. Il n'y a pas de règles pour cela, il n'y a pas de "bon ou mauvais". Au moment de composer, je crois que nous sommes comme la plupart des musiciens, parfois il y a une intention préalable de faire un thème d'une façon ou d'une autre, et parfois cela apparaît d'une façon spontanée, mais puisqu'en réalité la musique est vivante le thème bien peut évoluer de manière imprévue. Il se peut qu'on arrive à cette idée première, il se peut qu'on arrive à un autre lieu inattendu… Ou il se peut qu'on n'arrive nulle part et qu'il faille laisser le thème "en attente d'un coup de chance". Et alors on le reprend avec une oreille renouvelée et on fait que ça marche. C'est vrai qu'on peut mettre dix minutes ou plus d'un an pour faire un thème, tout dépend de l'inspiration.

Pol: S'il faut être sincère, le groupe est parti de la simple expérimentation. Nous venions tous les trois de jouer, fondamentalement, du rock, du métal et du punk, et nous avions un peu flirté avec l'électronique, à l'exception de Mike qui avait déjà un long parcours avec son défi électronique personnel, Digital Me. Moi, j'ai toujours eu de la fascination pour des groupes comme The Prodigy, Celldweller ou Pendulum, aussi bien que Redshadow et Mike, nous avons donc décidé de nous grouper "pour voir si ça marche". Peu à peu nous avons découvert notre son et tout ce que nous pouvions faire, sans jamais cesser de prendre des risques et d'expérimenter avec de nouveaux outils comme Pro Tools, Ableton Live ou Reason, pour ne pas nous répéter ni abuser des formules, ce que pour nous est fondamental puisque nous essayons toujours d'être en constante évolution. A ce propos, la composition peut apparaître de différentes façons. N'importe lequel des trois peut travailler à la maison en utilisant les outils dont on a parlé auparavant pour composer une base électronique que nous montrons ensuite aux autres, l'améliorons et finissons la composition avec les parties de chacun de nous. Il y a aussi des thèmes que nous commençons tous les trois de zéro dans le studio de Mike ou qui surgissent à partir d'un riff de guitare ou d'une mélodie de voix. Comme tu peux voir nous ne suivons pas de système strict au moment de composer, nous jouons plutôt avec la synergie que chacun de nous peut offrir.

Les internautes peuvent télécharger les disques depuis votre web, avez-vous remarqué si cela contribue à augmenter le nombre d'adeptes? Quel genre de relation avez-vous avec votre public dans le réseau? Quel accueil a eu votre musique hors de nos frontières?

Pol: Il faut dire que cela nous a beaucoup aidé à diffuser notre musique. C'est vrai qu'à présent avec Spotify et autres services streaming comme Bandcamp, il y a la possibilité que le public puisse t'écouter sans qu'il doive acheter ton travail, mais nous voulions que ce premier disque fut une Il faut dire que cela nous a beaucoup aidé à diffuser notre musique. C'est vrai qu'à présent avec Spotify et autres services streaming comme Bandcamp, il y a la possibilité que le public puisse t'écouter sans qu'il doive acheter ton travail, mais nous voulions que ce premier disque fut une disponible pour celui qui veuille l'écouter. Notre but consistait à permettre au plus grand nombre de gens possibles l'accès a ce travail pour pouvoir l'écouter quand et où ils voudraient, et nous sommes vraiment contents du résultat. Le nombre de téléchargements n'arrête pas d'augmenter et les visites à notre web officiel arrivent de différentes parties du monde et au même temps elles deviennent des adeptes dans les différents réseaux sociaux où nous sommes présents. En ce qui concerne les réseaux sociaux, nous essayons d'être le plus actifs possible sans sombrer dans la surcharge de l'information et surtout procurant qu'il existe un feedback avec le public, répondant à tous les commentaires qu'on nous envoie, que ce soit sur Facebook, Twitter ou YouTube. Pour le moment l'accueil du disque à un niveau national a reçu de très bonnes critiques dans des publications musicales variées et des webzines, et c'est maintenant que nous envoyons notre matériel hors de nos frontières, quoique le public étranger nous ait fait parvenir leurs premières impression d'une façon très positive.

Pourquoi avez-vous séparé votre album en deux parties, From the Beginning et To the End? Je vous promets que je me suis creusé la cervelle avant de poser la question, ha ha.

Pol: [Rires] En réalité c'est quelque chose qui est venu tout seul. Quand nous avons décidé que c'était le moment d'entrer dans le studio, nous nous sommes rendu compte pendant la pré-production, que nous avions une série de thèmes avec un scénario et une instrumentation très sombre et d'autres thèmes tout à fait le contraire. Nous avons tourné et retourné dans la tête le concept de "lumière, obscurité" et nous avons cru que ça collait vachement au disque. Nous avons travaillé à fond avec le concours d'Irene Alcón en ce qui concerne le design, avec l'intention de refléter d'une façon simple et claire le concept des deux parties, ce qu'elle a fait parfaitement d'après nous. D'ailleurs, puisque c'était un travail dirigé principalement au téléchargement gratuit, nous n'avons pas trouvé d'inconvénient au moment de le séparer en pensant au public. Nous croyons que cette séparation a énormément bénéficié le disque pour souligner son concept de dualité.

Au moment de reproduire dans le direct le son du studio, comment le faites-vous ou comment pensez-vous le faire? Apportant des bases enregistrées? Rejetant des pistes?

Mike: En réalité c'est très simple, nous prenons les mixages du disque et nous enlevons ce que chacun joue. C'est-à-dire: nous enlevons la voix, la batterie et la guitare, laissant tous les synthés et les caisses de rythmes supplémentaires. Ensuite nous le lâchons en direct et chacun joue sa part (ce qui n'est pas rien, ha ha). Il est vrai quand même que dans des moments précis il y a quelque arrangement de voix superposé et celui-là il faut le garder dans les pistes des synthés, mais ce sont de petits détails précis.

Quel équipement, instruments, amplificateurs et software utilisez-vous pour enregistrer?

Mike: Nous avons tout utilisé, mais surtout en vue d'expérimenter et chercher notre son. En fait pour ce disque nous avons enregistré deux fois la batterie: une tout à fait naturelle, que finalement nous avons rejeté; et une autres avec des cymbales et une caisse acoustiques, et toms, grosse caisse et quelques pads plus numériques, c'est celle que nous avons utilisé dans le disque. Quelque chose de pareil est arrivé avec les guitares, nous les avons enregistrées pas seulement avec un gros ampli à valves (Triple Rectifier de Mesa Boogie) mais aussi par ligne pour ensuite jouer avec le multi-effets, et dans ce cas nous combinons tous les deux d'après ce qui nous semblait à chaque riff. Quant au software, nous avons utilisé comme base Pro Tools, qui n'est peut-être pas le plus puissant mais c'est une référence à un niveau mondial quand il s'agit de produire de la musique professionnellement, ce qui dans l'avenir aura des multifonctions. Et presque tous les synthés, caisses de rythmes et basses nous les faisons avec Reason, qui est un outil épatant si on sait en tirer profit, et en outre il combine à merveille avec Pro Tools. L'avantage de travailler comme ça c'est que le passage de la maquette au disque devient très simple, il suffit de remplacer ce qui se trouve dans la maquette par des enregistrements ou des sons de meilleure qualité.

Où avez-vous tourné la vidéo de ‘Hell’? Qui a eu l'idée d'utiliser des masques vénitiennes?

Pol: 'Hell' a été tourné complètement à Villalba, un village au nord de Madrid. J'aimerais profiter l'occasion pour remercier l'énorme boulot de Martin Facci, le réalisateur de la vidéo, étant donné les recours limités que nous avions, je crois que le résultat est assez positif. 'Hell' raconte l'histoire d'une transformation, d'un rite obscur propre des sociétés secrètes et d'une descente aux enfers, à la manière de La Divine Comédie de Dante Alighieri. Nous voulions montrer dans la vidéo des différentes personnalités et démons et nous avons trouvé que les masques vénitiennes étaient le recours parfait. L'idée elle même m'est apparue à partir du film Eyes Wide Shut et de la célèbre scène dans laquelle Tom Cruise "se faufile" en pleine cérémonie maçonnique.

Quels projets avez-vous à court terme?

Pol: On peut avancer que pendant la deuxième partie de cette année nous présenterons un nouveau vidéoclip, mais on ne me permet pas de dire quelle chanson nous avons choisie [rires]. Je peux t'avancer aussi pratiquement en exclusive qu'il y aura une réédition de From the Beginning to the End qui contiendra, entre autres choses, un remastering complet de l'album, bien que ce ne soit pas l'agrément principal. Finalement nous voudrions sortir notre deuxième travail l'année prochaine bien que pour le moment nous sommes en phase de pré-production et ne pouvons pas donner une date de sortie.

Merci bien et bonne chance ;-)

Pol + Mike: C'est nous qui vous remercions de nous donner l'occasion de parler de notre boulot.

Texte: Alex Belencoso / Traduction: Félix Belencoso

D'autres liens à http://www.hollowearthofficial.com